



| Des hôtels borgnes avec leurs salariés |
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La crise est, paraît-il, restée sur le paillasson des hôtels "économiques". Les clients qui jusqu'à présent allaient piquer un roupillon dans les trois-étoiles confortable des centres-ville semblent préférer les séjours low-cost à la périphérie... Le bonheur est désormais à 35 euros la piaule et 5 euros le petit déj... douche (sur la palier) comprise.
"La crise est un accélérateur de croissance", affirme sans rire -pas le genre- Georges Sampeur, le pédégé de B&B. Propriété du groupe Eurazeo, les 200 hôtels de cette chaîne ont connu au premier trimestre un taux d'occupation largement supérieur à celui de l'an passé. Déjà, en 2008, B&B affichait 7,8% de croissance. Une insolente réussite que bien des palaces envient...
Pour parvenir à ce brillant résultat, Sampeur et certains de ses collègues pédégés de l'hôtellerie "à bas coût" ont un truc: déclarer comme "gérant" indépendant ceux qu'ils font trimer dans leurs établissements et qui recoivent 21% des bénéfices... si bénéfice il y a. Sophie et Alain, par exemple, exercent ce beau métier depuis plus de dix ans, de Rennes à Marseille en passant par Evry. "On vit dans l'hôtel. C'est du 7/7 et du 24/24, résume Alain. En plus, on est tout le temps fliqué, contrôlé, inspecté." A l'improviste, des "visiteurs mystères" débarquent, envoyés par la direction de B&B.
Il y a pire: les consignes adressées quotidiennement par téléphone ou par télécopie. Du genre: faites pas ci, faites bien ça. "On nous encourage à multiplier les locations de plumards d'une heure pour couples illégitimes." En fait de "gérants", ce sont des "salariés", plaide avec succès, depuis cinq ans Me Cyril Ravassard. Lequel estime que B&B fait une économie de 1 million (salaires et charges sociales) sur chaque couple gérant.
Le 23 Avril dernier, la cour d'appel de Dijon a dénoncé "un contrat de travail déguisé" pour un couple. Ce n'est pas la première fois, ni la dernière: une cinquantaine de procédures sont en cours. Avec, à la clé, d'énormes arriérés de salaires et de cotisation pour B&B. Heureusement, en plus de la crise, il y a l'adultère, formidable "accélérateur de croissance".
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